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theatre des mathurins INTERVIEW DE JULIEN COTTEREAU, CRÉATEUR DU SPECTACLE "IMAGINE-TOI"

 

Julien Cottereau, Imagine-toi

[Propos recueillis par Chloé Salmona pour le Théâtre des Mathurins]

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Comment devient-on clown ?
[Julien Cottereau] La genèse de mon personnage est liée à mon enfance. Quand j'étais petit, je ne savais pas encore marcher que je dansais déjà. L'intensité que j'y mettais, la gestuelle, les mimiques faisaient que les gens s'arrêtaient et me regardaient. Ils étaient impressionnés. J'ai dansé pendant toute mon enfance. Pour impressionner les filles, dans les boums, je dansais. J'étais très timide, je rougissais très facilement. La seule façon de me démarquer, c'était par la danse. Après, au collège, j'ai fait du théâtre. J'ai monté une pièce avec le professeur de français. Je voulais très fortement le rôle principal, je voulais être sur scène. Et quand j'étais sur scène je voulais descendre dans le public pour aller voir les gens. A 12-13 ans, je descendais et je m'asseyais sur leurs genoux. Ça, c'est la genèse de moi avec ce métier. Le mime, c'est un mixe de danse et de théâtre. Enfant, j'étais aussi fasciné par les Aristochats, Buster Keaton, Charlie Chaplin. A 10 ans, j'ai vu Jango Edwards avec mon papa. J'étais par terre, je suis tombé de rire vraiment. Ça c'est le clown.
Le mime et le bruitage sont des techniques spécifiques. Je faisais de la batterie. Le bruitage renvoie à la musique. Mon professeur de clown, Jean-Marie Binoche - le papa de Juliette Binoche - m'a permis d'intégrer le Cirque du Soleil pour remplacer un clown dépressif. J'ai fait une audition et je suis parti au Japon pour remplacer ce clown qui était mime-bruiteur. J'ai donc appris le bruitage pour le remplacer. Je n'ai pas été que clown dans ma carrière, je voulais aussi être comédien. J'ai tenu du coup pas mal de rôles différents, dont clown-bruiteur.

 

Comment arrives-tu à l'écriture de ton propre spectacle IMAGINE-TOI ?
[Julien Cottereau] On passe en 2005 avec le Cirque du Soleil à Paris, et on me voit. Le directeur de CPM et producteur d'Arturo Braccheti - Jean-Marc Ghanassia - et Nicolas Sauvage, producteur et attaché de presse du Cirque du Soleil à l'époque, me proposent une carte blanche, et je crée le spectacle IMAGINE-TOI. Je vais ensuite racheter les droits à Ghanassia, et nous allons devenir coproducteur avec Nicolas Sauvage du spectacle. Ce qui me permet de pouvoir jouer le spectacle, encore et encore et encore. Je suis aux rênes de la production. Ce spectacle grandit avec moi, c'est pour cela que je ne m'arrête pas. Cela fait 10 ans que je n'avais pas joué à Paris. Nous sommes heureux de pouvoir le jouer à nouveau dans cette salle mythique des Mathurins, avec toujours cette même fraîcheur qui correspond à l'écriture du spectacle.
L'écriture veut qu'on ne sache pas ce qui va se passer en le jouant. Les personnes du public qui montent sur scène avec moi m'apprennent des choses sur mon métier. Le spectacle parle de la vie, du rapport entre le théâtre et la vie, du rapport entre le clown et la vie, le courage et la pudeur, l'héroïsme et la timidité. On apprend toujours. Je veux que ce soit historique, que les gens pensent : « ça ne peut être comme ça que maintenant, pour moi. Demain ce sera autre chose. »
J'aime bien que les gens puissent penser qu'ils sont auteurs de l'histoire eux-aussi.

 

Y'a-t-il une représentation qui t'a particulièrement touché ou marqué ?

[Julien Cottereau] Alors je tombe facilement amoureux quand je joue. Je retrouve les sensations de quelqu'un qui tombe amoureux. Donc, je tombe amoureux de la princesse à chaque fois. Je ressens tout comme si cela était vrai. Et puis je tombe sur des personnes qui sont plus clowns que moi. Hier par exemple, j'ai fait une représentation avec un vrai clown. Je me disais « mais ce n'est pas possible ! » Les gens voient deux clowns sur scène. Tout cela met le spectateur et moi-même en déséquilibre, et c'est ça le spectacle vivant. On est dans un questionnement et un déséquilibre éternels. Je me retrouve piégé par les gens.
Une fois au Japon, j'ai fait monter sur scène un sumo. Or, là-bas, ce sont des demi-dieux et on ne peut pas rire d'eux. Donc j'avais une salle de 3000 personnes qui ne riaient plus pendant 20mn. Mais il s'est passé quelque chose de complètement surnaturel !
Une autre fois, toujours au Japon, j'ai pris le champion d'une émission de mime à la télévision. Il souriait, il avait une bonne tête. Quand je le choisis, il pense que je le reconnais, comme toutes les personnes du public, et il entre en compétition avec moi. Ça a été un bide total. Je suis sorti de scène en pleurant. On m'a expliqué après coup qui c'était.
Ah et aussi une fois, je fais monter un champion de karatéka, qui me fait un développement de pas de fou, et qui m'envoie des coups de pied en s'arrêtant à 3cm de mon visage. Ça je m'en souviens !

 

As-tu toujours le trac ?

[Julien Cottereau] Je n'ai plus peur comme les premières fois, mais j'ai toujours peur ! Mais ça va payer en rire et en plaisir. C'est ton destin, ta vie. Pour ce soir, ça commence à me « brûloter », est-ce que je me suis bien reposé ? Je commence à avoir mal au dos. Je me dis qu'il faut que je mange une banane. J'ai toujours un gros doute. C'est dur, mais ça te libère.

 

Est-ce que tu as eu des retours du public qui t'ont particulièrement touché ?

[Julien Cottereau] Certains m'ont dit « C'est le plus beau spectacle que j'ai vu. » Quelqu'un qui te dit ça, c'est vraiment chouette. Ça m'a beaucoup touché. Ou quand ta propre fille court vers toi et te prend la jambe et fait un immense câlin à ta jambe. Y'a pas plus beau que ça !

Théâtre de la Gaité
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