INFORMATIONS PLAN VIGIPIRATE - Contrôles des entrées (sacs...) - Aucun retardataire admis - Pas de vestiaire : aucun bagage admis dans l'enceinte.

Logo
Logo
Logo
Logo

01 42 65 90 00 e-mail

Scroll to top
theatre des mathurins Olivier solivÉRÈS : attention gosse hyperactif

 

Olivier Soliverès

[Propos recueillis par Chloé Salmona]


Comment as-tu mis les pieds dans le théâtre ?
[OLIVIER SOLIVERES] : C’est grâce à ma prof de CM1, j’étais un enfant très timide, j’habitais en Seine et Marne. A Noël mes parents m’ont offert des marionnettes. Dans ma chambre je jouais avec, je créais mes petites histoires. Un jour, j’ai fait un exposé avec mes marionnettes. Après mon intervention, ma professeure a décidé de me donner le premier rôle dans Knock qu’elle mettait en scène. C’est comme cela que ça a commencé. Je me suis pris au jeu, j’ai adoré ! C’est ça qui m’a donné l’envie. L’année d’après, je suis entré dans un collège qui proposait un cours de théâtre, les 6e n’étaient pas admis, mais j’ai rien dit et j’ai intégré la troupe. J’ai joué tout mon collège avec eux. Ils me donnaient le texte des pièces qu’on allait jouer l’année suivante pour que je puisse les bosser pendant l’été. Le théâtre est devenu hyper important.

Au lycée, j’ai créé un cours de théâtre. Mes parents s’inquiétaient que je n’ai pas le bac, mais des amis à eux les ont rassurés en leur disant « il n’a pas le bac, mais il sait ce qu’il veut faire ». Mes parents m’ont laissé décider et j’ai fait les Cours Florent. Au bout de 2 mois, j’ai été embauché sur la production de La Famille Adams. J’avais emmené mon petit frère pour qu’il fasse les auditions. Ils recherchaient un jeune de 15-16 ans. Et on a été pris tous les deux sur le même rôle. On a joué comme cela pendant un an et demi. J’ai ensuite intégré la Comédie italienne, j’y suis resté 14 ans ! Un ami, Nicolas Tarrin, m’a fait rencontrer la femme de Sebastien Azzopardi. Elle est venue me voir à la Comédie italienne, et a demandé à son mari de venir me voir. Depuis, Sébastien Azzopardi m’a mis dans ses pièces [Mission Florimont ; Dernier Coup de Ciseaux].

 

Tu as également été prof de théâtre pendant de longues années, avec des expériences assez folles…
[OS] : J’ai donné 10 ans de cours avec mon association "Les sales gosses", un de mes élèves était mon petit frère Thomas Solivéres, qui cartonne aujourd’hui [Venise n’est pas en Italie]. Je l’ai fait jouer également dans ma première pièce : ADOS. Je l’ai écrite pour mon frère et deux de ses copains. Au départ, c’est parti du conte Les 3 petits cochons. Mon frère et ses amis ont hurlé « mais tu es fou, on ne va pas jouer les petits cochons ! » Et si ! L’histoire, c’est ça : 3 ados qui jouent les 3 petits cochons. Les gens ont adoré, ils nous ont convaincus de la monter à Paris et Avignon. On l’a tenté, et ça fait 10 ans qu’on la joue ! On a démarré aux Trois Bornes, puis au Point-Virgule, on a fait quatre saisons à guichets fermés au Théâtre des Mathurins et au Grand Point-Virgule. Au total, on a eu plus de 300 000 spectateurs! Ça a été incroyable.

 

Tu es comédien, scénariste, metteur en scène… tu as une préférence ?

[OS] : J’aime écrire et mettre en scène. Mon rêve c’est de ne faire que de la mise en scène. Et mon objectif c’est de réunir des comédiens, de tous horizons, de tous bords, de tous âges, de créer un grand groupe qui m’inspire. J’arrive mieux à écrire pour les gens. C’est comme cela que j’ai monté HEROS TOGETHER. J’ai créé une troupe avec des potes à qui je donnais des cours le dimanche au Café de la Gare. 6 mois après, je leur ai écrit une pièce sur ces héros enfermés dans un loft. On le joue une première fois, puis je commence à démarcher le Capitole à Avignon. Et ça fonctionne. Gros succès ! L’année suivante ils me l’ont reprise dans la grande salle. Ils ont également pris ADOS ! Cette année-là, en 2005 je crois, j’avais HEROS, ADOS et WESTERN LOVE en même temps à Avignon ! J’ai perdu 40 kilos !

 

Comment es-tu arrivé dans l’écriture de spectacles pour enfants ?

[OS] : C’est le Point-Virgule [Jean-Marc Dumontet et Antoinette Orgé-Colin] qui cherchait à programmer un spectacle. Ils ne trouvaient rien, et ils m’ont demandé d’en écrire un ! J’ai cherché pendant 6 mois une pièce. Et là je me suis dit que j’allais faire La Belle et la Bête façon commedia dell’arte. Je démarre l’écriture, on est sur le point de tout finaliser et patatras… On apprend qu’un spectacle autour de la Belle et la Bête est programmé au Palais des glaces, en même temps que nous ! Je sors du Point-Virgule dépité et là j’entends les cloches de Notre-Dame sonner, et je me dis « Mais Le Bossu de Notre-Dame, évidemment ! ». Je cours à la Fnac, j’achète tout ce que je peux, je lis tout, je fais une nuit blanche totale. Je rappelle le Point-Virgule 2 jours après, et je leur annonce « On va faire le Bossu de Notre Dame ». A 2h de la première, j’étais encore en train d’attacher les derniers bouts de décors. Et tout le monde a adoré. Ça fait 7 ans que le Bossu tourne et il a été nommé aux Molières cette année [2017].

 

Quand tu reçois ta nomination aux Molières, il se passe quoi ?

[OS] : Je ne m’y attendais pas du tout ! J’étais hyper heureux, je l’étais aussi et surtout pour les comédiens ! Tous ces gens-là qui ont porté cette pièce pendant des années. J’ai de la chance d’avoir des comédiens impliqués qui étaient heureux de jouer dans ce spectacle ! Et autre cerise sur le gâteau, j’ai été nommé en même temps que mon frère Thomas [Solivéres] pour Venise n’est pas en Italie. Nos parents étaient hyper fiers d’avoir leurs deux enfants en même temps nominés ! On a fait la photo tous les deux aux Molières, c’était génial ! J’espère qu’on va créer un nouveau projet ensemble.

 

Comment est arrivé Père-Noël ?

[OS] : J’ai rencontré Stéphane Engelberg [Théâtre des Mathurins ; Théâtre de la Gaîté Montparnasse] qui a repris Le Bossu et ADOS. Le temps passe et Stéphane un jour m’appelle en me disant « Qu’attends-tu pour me faire un nouveau projet ? ». J’ai pensé au Père-Noël ! On était au mois d’août, j’avais un mois pour l’écrire ; en décembre, il était sur la scène des Mathurins ! Ça fait 3 ans qu’il tourne. On a été les premiers au box-office.

 

Tu crées « Chevaliers » en octobre 2016, comment te vient cette nouvelle idée ?

[OS] : On ne peut jouer « Père Noël » que pendant les fêtes de fin d’année. Tout le reste du temps, le décor reste stocké derrière le décor de « Dernier Coup de Ciseaux ». Je me suis dit que c’était trop bête. Alors je pense à un truc : créer un nouveau spectacle avec l’envers du décor de Père-Noël, et j’écris Chevaliers, parce que ça fait rêver tous les gosses les chevaliers ! Voilà comment j’ai fait deux spectacles avec un seul décor !

 

Tu fais beaucoup de nuits blanches ?

[OS] : Je travaille la nuit, je ne sais pas écrire le jour ! Bon je me réveille à 12h [rires]!

 

C’est quoi la recette d’un bon spectacle pour enfants ?

[OS] : Au-delà de faire des spectacles pour le jeune public, je fais des spectacles familiaux qui font aussi marrer les parents. Il ne faut pas les oublier, ils sont dans la salle ! C’est génial de faire des spectacles qui s’adressent à tous, ça vient de l’époque où je mélangeais enfants et adultes dans mes cours. Il n’y a rien de plus magique que de voir les parents et leurs enfants rire ensemble.

 

Tu joues le capitaine de DERNIER COUP DE CISEAUX depuis 6 ans, on ne se lasse pas ?

[OS] : C’est tellement interactif, je suis tellement content de retrouver le public et d’être sur scène, que pour le moment, je n’ai jamais cessé d’être heureux de jouer ce capitaine. J’aime la dimension de partage et d’improvisation. Je descends dans la salle quand je veux. J’adore provoquer l’imprévu. C’est une récréation. Ce qui m’éclate le plus, c’est les gens. Le jour où je m’ennuierai, je ferai autre chose.

 

Tu as des projets pour la suite ?

[OS] : Je veux faire un spectacle pour adultes, mais je suis encore frileux, j’ai peur… je ne veux pas rater. Il faut des gens qui me tirent comme Stéphane, ma femme Clémentine, mes frères… J’ai envie de faire rire les gens. C’est mon prochain projet.

Théâtre de la Gaité
Théâtre de la Gaité
Théâtres Parisiens Associés